Rapport sur l'extrémisme (donnant suite au postulat 02.3059 du 14 mars 2002 du groupe démocrate-chrétien)

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Rapport sur l'extrémisme (donnant suite au postulat 02.3059 du 14 mars 2002 du groupe démocrate-chrétien)

Rapport

sur l'extrémisme

(donnant suite au postulat 02.3059 du 14 mars 2002 du groupe démocrate-chrétien)

du 25 août 2004

Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs,

Donnant suite au postulat du 14 mars 2002 du groupe démocrate-chrétien intitulé «Rapport sur l'extrémisme. Actualisation», nous vous soumettons le présent rapport pour information.

Nous vous prions d'agréer, Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs, l'assurance de notre haute considération.

25 août 2004 Au nom du Conseil fédéral suisse:

Le président de la Confédération, Joseph Deiss

La chancelière de la Confédération, Annemarie Huber-Hotz

Condensé

Dans un postulat déposé au printemps 2002, le Parti démocrate-chrétien (PDC) a demandé au Conseil fédéral de rédiger un rapport décrivant le phénomène de l'extrémisme de manière détaillée et faisant état de ses répercussions sur la sécurité de la Suisse. Le présent rapport comprend donc différents aspects: il livre une appréciation de la situation et des informations sur l'ensemble des activités et des desseins des groupes extrémistes, il détermine le potentiel de menace inhérent aux groupes extrémistes violents et à leurs activités et, enfin, il présente la stratégie développé par le Conseil fédéral en vue de détecter les menaces de manière précoce et ainsi de les prévenir.

Les activités extrémistes renferment un certain potentiel de violence et sont susceptibles de menacer la sécurité intérieure d'un pays. C'est pourquoi il convient de détecter ces activités potentiellement violentes à temps et de les prévenir.

L'extrême droite se compose de nombreux petits groupes, pour la plupart non structurés, dont les membres entretiennent des relations lâches. Ces groupes chan-gent souvent de composition et de nom. Au sein de l'extrême droite suisse, les idéologies divergent et il n'existe pas de base commune. Le nombre d'extrémistes de droite en Suisse est aujourd'hui estimé à un millier.

L'extrême gauche comprend un grand nombre de groupes dont la plupart sont connectés entre eux. Certains néomarxistes et léninistes s'engagent dans la mou-vance anarchiste, qui compte environ 2000 militants. Les suiveurs du Bloc noir et ses sympathisants, au nombre de plusieurs centaines lors de manifestations ponctuelles, ne sont pas comptés dans ces chiffres.

Le conflit, qui tend à se durcir entre les deux camps politiques, est surtout radicalisé par les extrémistes de gauche. Il en résulte que le mouvement d'extrême gauche, au caractère urbain marqué, a su s'imposer face aux extrémistes de droite dans les grandes villes telles que Zurich et Bâle.

Les groupes extrémistes étrangers exploitent la marge de manoeuvre assez importante qui leur est offerte par les droits fondamentaux. Cela dit, les collectes et les actions de propagande ont en général peu de répercussions sur la sécurité intérieure. Après les actions violentes de protestation des groupes extrémistes kurdes de Turquie dans les années 90, la situation s'est dans l'ensemble calmée, et ce, bien que divers groupes soient en mesure d'agir avec excès. Des actions de protestation et de solidarité demeurent possibles.

Comme dans d'autres pays européens, les groupes islamistes incarnent la manifestation la plus saillante de l'extrémisme religieux. Ils tendent à gagner en influence en s'appuyant sur la communauté musulmane vivant en Suisse, surtout sur les personnes fréquentant les centres islamiques et les mosquées. Plusieurs institutions humanitaires sont actives en Suisse, rassemblant des fonds auprès de leurs compatriotes et au sein de la population. Il n'existe pas de preuve que ces institutions financent directement le terrorisme. Des membres de ces organisations extrémistes utilisent également notre pays comme zone de transit ou comme lieu de séjour. Pour

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l'heure, les groupes islamistes actifs en Suisse n'ont pas développé d'activités terroristes au sens propre.

D'autres tendances extrémistes se font sentir lors de manifestations sportives. Certains activistes appartenant à des groupes extrémistes violents tentent d'obtenir une autorisation de séjour en demandant l'asile. Les membres de tels groupes, qu'ils séjournent légalement ou illégalement sur notre territoire, agissent la plupart du temps à couvert.

L'influence des médias tant sur la genèse que sur la perception de l'extrémisme est considérable. Ce que les activistes semblent rechercher avant tout, c'est l'effet médiatique. Les groupes extrémistes ont également su reconnaître rapidement les avantages des nouvelles technologies de l'information pour les besoins de la propagande. Internet constitue pour eux un instrument à multiples facettes, par le biais duquel des données peuvent être transmises rapidement dans le monde entier. Ainsi, presque tous les groupes extrémistes violents connus disposent d'un site Web.

A l'heure actuelle, aucun groupe extrémiste ne compromet gravement la sécurité intérieure de la Suiss...

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